Márquez : La chute au warm-up ? "Un avertissement" bénéfique

Le pilote Honda a testé ses limites au warm-up, avant de livrer une copie parfaite en course et de gérer avec brio la prise de risques pour aller chercher le maximum de points.

Marc Márquez a remporté à Misano sa quatrième victoire de la saison, fruit d'une course parfaitement maîtrisée. Durant la quasi-totalité des 28 tours, le pilote espagnol a occupé la deuxième place, sagement serait-on tenté de dire, mais c'est bien lui qui avait le potentiel de vainqueur aujourd'hui.

Il a d'abord laissé les rênes à un Jorge Lorenzo encore une fois très incisif en début de course, puis une fois qu'il a été débordé par Danilo Petrucci et que le Majorquin a chuté, Márquez s'est à nouveau installé à la place de dauphin. Il n'a cependant jamais quitté la roue du pilote Pramac, qui avait toutes les raisons de trembler en pensant à ce que son rival lui réservait pour la fin de course.

À l'heure du dernier rush, leur rythme s'est élevé conjointement, si bien que tous leurs adversaires ont été exclus de cette bagarre pour la victoire, devenue un duel. Une longue observation, suivie d'une attaque de fauve de Márquez à l'entrée dans le dernier tour, puis un effort acharné sur les quatre kilomètres qui ont suivi pour semer un Petrucci redescendu de son nuage. Rien à faire, Marc Márquez est décidément le maître de la stratégie.

"Je pense que ma chute au warm-up a été une bonne chute, sinon je serais tombé en course", suggère le pilote espagnol. "Cette chute a été une sorte d'avertissement et j'ai juste essayé de suivre Danilo très calmement. Parfois j'avais peut-être un peu de marge mais j'ai toujours essayé de contrôler et d'attaquer aux endroits où je me sentais bien."

"Ensuite j'ai très bien préparé les derniers tours", relate-t-il. "À trois tours de la fin, j'ai déjà eu la possibilité de le passer, mais je me suis dit que je ne voulais pas me battre contre Danilo à Misano. C'est la raison pour laquelle, quand je l'ai passé, j'ai attaqué à 100%. Pour moi, il valait mieux prendre les risques pendant un tour plutôt que dans le dernier virage."

Cinq points de plus, peut-être déterminants

En lutte pour le titre, le pilote Repsol Honda aurait pu opter pour la prudence dans les conditions très insidieuses de ce dimanche, mais son point de vue est autre : pourquoi ne pas donner le tout pour le tout quand on sait à quel point chaque unité au compteur est précieuse cette année ?

"La course a été incroyable. Vous ne pouvez pas imaginer la tension et la concentration… Il était très difficile de garder la concentration parce que la course a été très longue", explique Marc Márquez. "Pendant la course, mon feeling a un peu évolué. Pendant la première partie, j'avais plus de mal, ensuite pendant la deuxième partie ça allait, et c'est dans la dernière partie que je me suis senti le mieux."

"À un moment donné, j'ai commencé à penser au championnat et je me suis dit que la deuxième place serait peut-être suffisante. Et puis j'ai encore réfléchi et je me suis dit que j'avais le potentiel et que j'allais essayer. On ne sait jamais si ces cinq points vont manquer ou pas à la fin du championnat, à Valence."

"C'était très difficile après les courses du Moto3 et du Moto2, pendant lesquelles il y avait eu beaucoup de chutes impliquant les leaders du championnat. C'était assez difficile de prendre la piste, parce qu'on sait qu'on doit finir la course", admet Márquez, qui a battu ce week-end son record de chutes en une saison depuis qu'il a rejoint le MotoGP. "Je savais que si je tombais et que Dovi terminait deuxième ou troisième, ce serait très difficile au championnat. Mais au final, il faut comprendre et gérer ce type de pression et j'ai essayé de le faire. C'était la meilleure chose à faire."

"La piste était très glissante et on pouvait très facilement partir à la faute. Quand on voit les courses Moto3 et Moto2, et après ma chute au warm-up et toutes ces choses, on perd confiance. Mais j'ai réalisé que je ne savais pas si ces cinq points allaient me manquer à Valence, alors j'ai essayé et j'ai attaqué. C'était un gros risque. Bien sûr, si j'étais tombé tout le monde aurait dit 'Il ne changera jamais, blablabla…' Mais c'est mon style. C'est ce style qui m'a rapporté cinq titres. Je vais continuer à attaquer mais j'essaye toujours de gérer les risques, bien sûr", promet l'Espagnol.

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