Mauvaise stratégie et performance "embarrassante" pour Pol Espargaró

Hors des points au Grand Prix de Styrie, Pol Espargaró a admis avoir compromis sa course en utilisant dès samedi le pneu de secours qu'il aurait dû conserver pour l'éventualité d'un drapeau rouge.

Mauvaise stratégie et performance "embarrassante" pour Pol Espargaró

En lutte pour la victoire l'an dernier avec la KTM, Pol Espargaró a admis avoir produit une performance "embarrassante" dimanche lors du Grand Prix de Styrie. Outre les difficultés qu'il rencontre depuis le début de la saison avec la Honda, le pilote espagnol a admis une erreur de stratégie puisqu'il n'avait pas conservé de pneu de secours en cas de drapeau rouge. L'interruption de la course au bout de trois tours l'a donc placé dans une situation délicate, l'obligeant à prendre le second départ avec un pneu déjà usé. On se souvient que c'est cela qui avait coûté l'an dernier une possible victoire à Joan Mir.

"Après avoir manqué la qualification [directe] pour 17 millièmes, j'étais désespéré en Q1 et j'ai monté un pneu medium, ce qui signifiait que l'on allait manquer de pneu de secours en cas de drapeau rouge. Donc quand le drapeau rouge est sorti, je n'avais pas de pneu de secours contrairement à tout le reste de la grille et j'ai pris le départ avec un pneu arrière qui avait fait cinq tours", a expliqué Espargaró.

"C'est mon erreur, je ne dis pas que c'est l'erreur de l'équipe : j'ai demandé à avoir le pneu medium [samedi] pour essayer de faire un meilleur chrono parce que j'étais désespéré et j'ai utilisé le back-up qu'on gardait au cas où il y aurait eu un autre drapeau rouge, mais Dani [Pedrosa] est tombé et ça a causé ces soucis, puis on est rentré au stand et je n'avais plus de pneu arrière. C'était ma principale erreur."

"La plupart des gars se sont plaints du grip pendant la deuxième course, or vous pouvez imaginer qu'avec cinq tours de plus dans le pneu ça a été un désastre total, du premier au dernier tour. J'ai juste fait en sorte de terminer la course. C'était même plutôt embarrassant d'être aussi loin en sachant que c'est une bonne piste pour moi. Je suis rapide ici, j'ai failli gagner l'année dernière après avoir signé la pole position. C'était assez embarrassant."

Sans grip arrière "on est fichu"

Quinzième sur la grille de départ, Espargaró s'est initialement maintenu de façon assez stable, avant de commencer à perdre des places dans le sixième tour. S'il a eu l'avantage sur Valentino Rossi dans la bagarre qu'ils se sont livrée et a pu remonter au 13e rang à la faveur des chutes devant lui, il comptait 20 secondes de retard dans le 19e tour. C'est là qu'une pénalité long-lap lui a été infligée pour avoir dépassé à plusieurs reprises les limites de la piste (comme quatre autres pilotes dimanche). Cela lui a coûté quatre secondes et demie et sa place dans les points.

"Je sortais dans pratiquement tous les virages. J'essayais de redresser la moto, mais quand on redresse la moto on arrête de tourner et on allonge le virage. Mais la pénalité long-lap n'était pas le problème, ça m'a peut-être fait perdre quatre secondes, mais c'est le moins important. Je ne me souvenais même pas que j'avais fait un long-lap pendant la course", pestait-il après la course, furieux de la véritable cause de ses difficultés.

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"Je pourrais faire quatre courses de suite avec ce rythme, cette moto, ce grip, je ne serais pas fatigué. Je n'utilise pas mon style de pilotage, je n'utilise pas la moto pour faire les temps et je ne peux pas piloter comme ça. Le problème, c'est qu'on a commencé la course avec un pneu arrière qui avait déjà fait cinq tours. C'est ça, le principal problème. Tous les autres sont partis avec des pneus neufs pour la seconde course et moi avec un pneu arrière qui avait fait cinq tours, et dans ce cas-là vous êtes fichu."

Avant de voir sa course ainsi gâchée, Pol Espargaró passait déjà un week-end compliqué, toujours aux prises avec un manque de grip arrière qui l'empêche jusqu'ici de véritablement s'exprimer au guidon de la Honda. "Le grip arrière est un problème sur la moto. C'est comme ça depuis le Qatar, et si on ne change rien sur la moto on garde forcément le même problème", a-t-il regretté.

"Par le passé, avec une autre moto, j'utilisais énormément le frein arrière pour faire tourner la moto et la stopper en milieu de virage, en évitant de stresser le pneu avant avec le frein avant. Le problème c'est que si vous n'avez pas de grip arrière, au moins un peu, vous ne pouvez pas utiliser le frein arrière", ajoutait-il. "On manque de grip, c'est tout ! Si on avait du grip arrière comme les autres, on se qualifierait mieux, on tournerait plus vite, on accélérerait mieux, on ne détruirait pas autant le pneu avant car il partagerait le stress avec le pneu arrière… Tout est douloureux, franchement. Le grip arrière est une clé dans cette nouvelle ère du MotoGP et si on ne l'a pas, on est fichu."

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