La victoire de Martín n'efface pas la déception de Ducati

L'équipe officielle Ducati, qui a su s'imposer cinq fois de suite au Red Bull Ring, a connu une course décevante au Grand Prix de Styrie, à peine atténuée par la victoire du pilote satellite Jorge Martín.

La victoire de Martín n'efface pas la déception de Ducati

Gigi Dall'Igna n'a pas caché que le bilan du Grand Prix de Styrie est mitigé pour Ducati, en dépit de la victoire obtenue grâce à Jorge Martín. Battu sur place pour la première fois par KTM l'an dernier, lors d'un second Grand Prix venant compléter celui d'Autriche, le constructeur a retrouvé le sommet dimanche mais sans parvenir à faire briller ses pilotes officiels ni à devancer Fabio Quartararo avec ses trois représentants les mieux placés au championnat.

"Nos sentiments sont partagés, c'est le moins que l'on puisse dire", a commenté le directeur général de Ducati Corse. "Une victoire importante pour Ducati, une confirmation marquée par le magnifique sens de la course de Jorge Martín : félicitations à lui et au team Pramac. Pour cette première victoire en MotoGP, Jorge s'est exprimé avec hargne et intelligence, affichant l'autorité et l'expérience d'un vétéran, et nous devons nous réjouir de cela."

"Cependant, nous ne pouvons assurément pas nous estimer satisfaits du résultat global de l'équipe dans son ensemble", a ajouté le responsable italien. Et pour cause. Deuxième du championnat, Johann Zarco a perdu six points sur le leader, notamment en se faisant dépasser par deux adversaires dans le dernier tour. Quant aux pilotes de l'équipe officielle, ils ont connu un dimanche plus rude encore.

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Leader de la première partie de la course, Pecco Bagnaia a vu sa performance s'effondrer après le restart, perdant toute chance de bien figurer. Finalement 11e, le pilote italien pourrait avoir été touché par un problème venu de son pneu arrière, changé après l'interruption de la course.

"Au premier départ, tout fonctionnait parfaitement", a-t-il expliqué, "à part le pneu avant qui bougeait un peu trop. D'ailleurs on l'a changé et ça allait beaucoup mieux à l'avant à la deuxième course. Tout fonctionnait bien, j'arrivais à être rapide et à tout contrôler, et puis il y a eu le drapeau rouge. Pour repartir, on a changé les deux pneus. On a mis le dur à l'avant, ce qui a été un avantage car il m'a aidé. Par contre, le pneu arrière, tout en gardant le même composé, malheureusement…"

"Je ne veux pas faire peser la faute sur le pneu, sinon on dirait que je cherche des excuses, mais dans la deuxième partie de la course il était assez clair que quelque chose ne fonctionnait pas. Au final, j'ai essayé de limiter les dégâts. Heureusement, j'avais le pneu dur [à l'avant], ce qui me permettait de freiner plus fort et j'ai réussi à ne pas finir hors des points, mais avec les conditions de grip que j'avais aujourd'hui j'aurais pu très facilement terminer au-delà de la 15e place."

Jack Miller, quant à lui, a abandonné sur chute dans le 18e tour alors qu'il se battait contre Fabio Quartararo. Leader au restart, l'Australien avait glissé à environ quatre secondes du leader, Jorge Martín, qui était à ce moment-là suivi comme son ombre par Joan Mir, mais il croyait fermement en ses chances de podium et pouvait espérer reprendre quelques points au Français.

"La deuxième course se passait bien, tout allait bien. Dès le début, j'ai eu un peu de mal en termes de grip sur l'angle droit, mais je me sentais vraiment bien sur l'avant et j'arrivais à attaquer comme je le voulais", a-t-il expliqué. "J'ai fais mon rythme, ça se passait bien. Fabio est passé, il s'est un peu détaché et puis il a commencé à baisser [de rythme] et moi à revenir vers lui. Mais c'était juste difficile, j'étais en difficulté sur l'angle. Je devais donc essayer de me rapprocher le plus possible de lui pour pouvoir le dépasser dans la ligne droite compte tenu du sacrifice que je devais faire en sortie [de virage]."

"J'étais juste un peu... Je ne sais pas, il va falloir attendre de voir les données, mais tout semblait normal, je me sentais bien dans le secteur trois, mais j'en ai demandé un tout petit peu trop à l'avant et il s'est complètement dérobé. Celle-ci fait vraiment, vraiment mal. Ça pique, parce que j'avais le podium en poche. Mais j'ai tout gâché. Je suis très déçu de moi-même et désolé pour l'équipe."

Cinq points, c'est de loin le plus faible butin de l'équipe officielle Ducati à Spielberg, un bilan que ne parvient pas à effacer le triomphe de Jorge Martín, qui a mené le team Pramac à la victoire pour la première fois. "Il va sans dire que nous aurions dû en faire plus pour être compétitifs et nous maintenir devant notre principal adversaire également avec les pilotes qui visent clairement le haut du classement. Pour différentes raisons, que nous analysons à présent, nous n'y sommes parvenus avec aucun d'entre eux", a résumé Gigi Dall'Igna.

"Dans les comptes finaux, cependant, rien ne change véritablement", ajoute malgré tout le responsable italien, alors que Bagnaia passe à la quatrième place du championnat, à 58 points de Quartararo. Miller conserve lui la cinquième position, 14 unités derrière. "Ce que j'aimerais retirer de cette course, c'est une conscience encore plus forte du fait que nous pouvons faire bien, encore et toujours, et à commencer par le week-end prochain", a conclu Dall'Igna.

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