Sam Lowes en MotoGP? "Il ferait bien de rester en Moto2"

Lowes, Rabat, Kent, Zarco... Ils sont plusieurs à secouer le mercato MotoGP en se présentant comme de possibles rookies de la catégorie reine à l'horizon 2016. Mais y arriveront-ils seulement?

Très tôt dans la saison, l'Anglais Sam Lowes a marqué les esprits grâce à ses performances en Moto2. Dans une série dominé par les châssis Kalex, il fait des miracles au guidon d'une SpeedUp que l'on disait impossible à piloter. Sa saison a beau être très irrégulière, il compte trois podiums - dont une victoire - et occupe la quatrième place au Championnat.

"Sam est l'un des pilotes les plus talentueux que j'aie eus," confirme son team manager, Luca Boscoscuro, à GPone. Ancien pilote devenu découvreur de talents, Boscoscuro peut se targuer d'avoir accompagné la croissance de Marco Simoncelli ou Andrea Iannone, des pilotes qu'il a contribué à faire mûrir et à modeler pour le MotoGP.

Ce travail, le team manager le juge encore incomplet dans le cas de Sam Lowes. "Il n'a pas fait de mystère sur ses intentions de passer en MotoGP. Mais, à mon avis, il n'est pas encore prêt, il ferait bien de rester en Moto2 et d'essayer de remporter le titre avant de changer de cylindrée," estime-t-il.

Un pilotage tout en glissades

Au-delà de l'intérêt de gagner en maturité en allant au bout de la conquête d'un titre, rester en Moto2 permettrait à Sam Lowes de continuer à se familiariser avec les machines de Grands Prix. Car, en tant qu'ancien pilote Supersport, il a conservé des habitudes de pilotage qui n'ont pas les faveurs des prototypes.

"Ce qui me permet de le dire, ce sont les données de la télémétrie, dont je parle avec Sam," indique Luca Boscoscuro. "Par exemple, il pilote toujours en glissade, il est en travers à chaque virage. C'est spectaculaire, d'accord, mais à quoi ça sert? Il le fait parce qu'il ralentit la moto avec la roue arrière au lieu de freiner fort avec l'avant. Les données indiquent que Sam applique une pression de 5 à 6 bars sur la poignée de frein, quand les meilleurs atteignent les 12. Pourquoi? C'est simple, il était habitué au Supersport, où la carcasse des pneus est beaucoup plus tendre et se fléchit dans les freinages les plus violents. Le problème ne se pose pas avec les pneus Dunlop, mais il ne s'est pas encore habitué."

Si Tito Rabat et Johann Zarco ont pris le temps de gravir les échelons et de s'adapter à chaque cylindrée avant d'en changer, Sam Lowes et Danny Kent semblent pressés. Ce dernier voudrait même faire l'impasse sur le Moto2 et ainsi imiter Jack Miller, passé cette année directement du Moto3 au MotoGP. Une démarche qui prive ces pilotes d'un apprentissage précieux.

Pré-contrat avec Aprilia

Sam Lowes a en main un pré-contrat avec Aprilia, un document sans grande valeur tant qu'il n'est pas signé par les deux parties. Or, les dernières semaines ont vu émerger un rival de taille sur son chemin, en la personne de Stefan Bradl. Arrivé chez Aprilia pour sauver sa tête dans l'affaire Forward, l'Allemand a la ferme intention de prouver qu'il pourrait apporter une aide précieuse dans le développement de la RS-GP, un atout dont Lowes ne peut se prévaloir compte tenu de son manque d'expérience des prototypes.

 

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Séries MotoGP , Moto2
Pilotes Sam Lowes
Équipes Speed Up Racing , Gresini Racing
Type d'article Actualités
Tags aprilia, contrat, gresini, lowes