Vatanen emploie des mots forts pour faire annuler le GP de Russie

Pendant que les organisateurs du Grand Prix de Russie accentuent la communication autour de l'événement, à un mois de l'épreuve, la situation politique continue d'agiter les commentaires

Pendant que les organisateurs du Grand Prix de Russie accentuent la communication autour de l'événement, à un mois de l'épreuve, la situation politique continue d'agiter les commentaires. Le 12 octobre prochain, le premier Grand Prix de Russie de l'histoire doit se tenir à Sotchi, mais les critiques et les doutes autour du régime politique dirigé par le président Vladimir Poutine ne cessent de diviser. Que doit faire la Formule 1 et doit-elle se rendre à Sotchi ?

Un boycott de la part des dirigeants européens est déjà dans l'air pour l'événement, mais Bernie Ecclestone a réaffirmé il y a dix jours que le contrat serait respecté et que la F1 serait à Sotchi. Le grand argentier de la F1 entretient également d'excellentes relations avec Poutine. Sur le dossier, la FIA ne s'exprime guère plus, mais les inquiétudes semblent réelles malgré leur relative discrétion.

Concurrent de Jean Todt lors de la première élection de celui-ci à la présidence de la FIA en 2009, Ari Vatanen reste un ami de longue date du Français. Désormais à la tête d'une commission à la FIA, le Finlandais assure aujourd'hui que Todt est opposé à l'organisation du Grand Prix de Russie mais qu'il se trouve dans une position où il ne peut pas s'exprimer sur le sujet.

"Nous en avons parlé. Nous sommes amis. Je pense qu'il partage en partie mon point de vue", a confié Vatanen au Daily Telegraph. "C'est vrai qu'il a les mains liées. Je peux dire les choses plus ouvertement et plus librement que lui. Je ne dis pas qu'il est d'accord avec tout ce que je dis, mais il a une marge de manœuvre bien plus réduite."

"Nous interroger sur la manière dont l'histoire se souviendra de nous"

Compte tenu de la situation politique en Russie, et de la crise en Ukraine, Vatanen estime que la course ne devrait pas avoir lieu et pose le choix qui s'offre à la Formule 1 de manière simple et concrète.

"Soutenons-nous un régime qui est le cerveau d'un bain de sang ? Ou disons-nous que ce n'est pas correct ?", interroge l'ancien rallyman. "Ce serait envoyer un message d'approbation si nous allons en Russie. Cela voudrait dire que nous fermons les yeux, effectivement, peut-être pas explicitement, mais par nos actions nous fermerions les yeux sur ce qui se passe car ce sera utilisé comme propagande."

"Il a souvent été dit que la Formule 1 ne devrait pas mélanger la politique et le sport, mais le régime russe mélange déjà la politique et le sport de manière criante, donc nous devons répondre. C'est à Bernie et aux exploitants d'annuler la course. C'est une situation sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale, et nous devons nous interroger sur la manière dont l'histoire se souviendra de nous et ce que nous aurons fait ou pas fait."

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Séries Russia
Pilotes Ari Vatanen , Jean Todt , Bernie Ecclestone
Type d'article Actualités