Alpine va évaluer son organisation pour continuer son ascension

Laurent Rossi, PDG d'Alpine, n'exclut pas un changement dans l'organisation de l'équipe engagée en Formule 1 pour la saison prochaine, afin de s'assurer qu'elle suive la courbe de progression jugée nécessaire.

Alpine va évaluer son organisation pour continuer son ascension

Alpine semble devoir se concentrer sur la cinquième place du championnat constructeurs en cette fin de saison, mais le patron de la marque se montre très clair quant à ses ambitions sur le long terme, qui devront être bien plus élevées. L'écurie basée à Enstone a, selon lui, besoin de "se muscler" si elle veut aller de l'avant et atteindre les objectifs fixés dans le cadre d'un plan portant sur 100 courses et entamé cette année. La cible ultime sera une victoire régulière en course, visée d'ici la fin du prochain cycle réglementaire, en 2024 ou 2025.

En détaillant longuement son plan dans une interview exclusive pour Motorsport.com, Laurent Rossi l'admet : une troisième année consécutive à la cinquième place du championnat ne correspond pas au niveau souhaité, et pour quitter ce plateau et aller de l'avant, il est prêt à changer l'approche d'Alpine.

"Cela ne correspond pas à ce que nous voulons", déclare-t-il. "Je veux clairement que l'équipe joue le podium et la victoire d'ici la fin de la prochaine réglementation, c'est-à-dire 2024 ou 2025, selon le moment où ils décident de passer à la réglementation suivante."

"Mais pour ce faire, nous devrons faire évoluer un peu l'équipe. Elle est très bien passée de la neuvième place à la cinquième ces dernières années, avant le plateau que nous avons atteint. Maintenant, pour passer à l'étape suivante et devenir le meilleur des top teams plutôt que juste le meilleur des autres, une autre évolution est nécessaire."

"Ce que je veux faire est donc de continuer sur la lancée de la saison précédente, c'est pourquoi je veux garder cette cinquième place. Je ne veux pas que nous régressions. Nous avons beaucoup appris opérationnellement cette année, c'est toujours un plus. Nous allons appliquer cela par la suite. Mais il faudra alors se muscler pour progresser et passer de la cinquième à la première place, course après course, saison après saison dans les prochaines années."

L'INTERVIEW COMPLÈTE DE LAURENT ROSSI

Objectif performance

Laurent Rossi estime qu'Alpine doit s'adapter aux nouveaux défis et aux opportunités offertes par le plafonnement des coûts en F1, ce qui signifie que les ressources doivent être mieux concentrées dans les domaines qui font la différence. Selon lui, Alpine devra fonctionner différemment de la façon dont l'équipe a été structurée ces dernières années, lorsque le budget n'était pas aussi limité.

"Nous allons avoir le plafond budgétaire avec une nouvelle réglementation. La recette que nous allons appliquer l'an prochain n'est donc pas forcément la recette qui aurait pu être appliquée ces dernières années", explique-t-il. "Nous allons devoir nous adapter à ce nouveau contexte, et je pense que nous avons suffisamment d'atouts pour ce faire. Pourquoi ? Parce qu'il ne s'agit plus de sortir le portefeuille pour résoudre les problèmes. Tout le monde aura le même plafond budgétaire. Cela va dépendre davantage de la manière dont on fait les choses, de la manière dont on décide d'allouer les fonds."

"Être une écurie d'usine est relativement important car une intégration sans accroc, par exemple une intégration efficace de l'unité de puissance dans le châssis, sera probablement critique quant au niveau de performance. Puis il y a le bon sens, les connaissances, l'expérience, et nous en avons 45 ans, alors nous pouvons probablement y faire appel un peu plus."

The Alpine F1 team on the pit wall

"Il va aussi y avoir le fait que nous nous appuyons sur le groupe Renault pour le moyen à long terme avec un avenir assuré, disons-le ainsi, plutôt que de tout mettre en péril chaque année. Ce contexte va peut-être s'avérer favorable pour nous. Puis il y a aussi l'évolution de l'équipe concernant l'impact que va avoir la réglementation sur les performances. On a vu ces dernières années que l'aéro était devenue l'aspect le plus important. On verra ce qu'il en sera à l'avenir avec la nouvelle réglementation : ce pourrait être l'aéro, ce pourraient être d'autres départements, car les voitures vont être différentes. Je vais donc faire évoluer l'équipe vers l'organisation qui tirera le meilleur de cet ensemble de facteurs : une intégration parfaite de l'unité de puissance dans le châssis, en poussant les limites dans les domaines qui seront cruciaux en matière de performance. C'est l'idée."

Remaniement de la direction

Cette saison, Alpine a opéré avec une structure unique, sans directeur attitré. Laurent Rossi fait partie d'un triumvirat et travaille aux côtés du directeur exécutif Marcin Budkowski et du directeur de course Davide Brivio. Si ce fonctionnement a suscité un certain scepticisme en début de saison, Laurent Rossi estime qu'il a porté ses fruits, mais n'exclut pas pour autant de le changer pour l'année prochaine.

"Je pense que les résultats en piste parlent d'eux-mêmes", répond-il lorsqu'il lui est demandé si la structure managériale fonctionne. "Que puis-je dire ? Quinze courses d'affilée dans les points avec une victoire, on ne dirait pas que nous nous ridiculisons quand nous prenons la piste chaque week-end. Donc ça fonctionne. Cela fonctionne suffisamment pour que nous ayons ce genre de résultats remarquables."

"Est-ce la bonne organisation pour les prochains défis à relever et pour continuer notre ascension ? Eh bien, j'évaluerai cela à la fin de la saison car je veux d'abord finir la saison à la cinquième place et ensuite assurer qu'à Enstone et à Viry tout le monde soit focalisé sur le développement de la nouvelle voiture pour la saison prochaine. Puis je prendrai ma décision concernant l'évolution de l'organisation en général et le top management en particulier."

Au cœur de ces décisions, la place de Davide Brivio interroge, alors que de récentes spéculations ont évoqué son retour en MotoGP en 2022. Pour Laurent Rossi, c'est avant tout un signe des qualités de l'Italien. La décision finale sur sa place chez Alpine sera prise après la fin du championnat.

"Sur les rumeurs MotoGP, tout ce que je peux dire c'est qu'elles sont très positives concernant Davide, elles mentionnent toutes que ce gars leur manque beaucoup", explique le Français. "Je dirais donc que c'est une belle preuve de la valeur de cette personne. Et il le montre dans notre équipe, il apporte vraiment beaucoup pour gérer les pilotes et souder l'équipe au circuit. Son expérience sportive est inestimable, et ça se voit. Concernant l'avenir, comme n'importe quel autre membre de l'écurie, Davide évoluera dans l'organisation dont je déciderai, selon les changements dont je déciderai à la fin de la saison. Il n'est pas différent du reste de l'équipe."

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