Les véritables différences entre Hamilton, Senna, Schumacher et Alonso

Brembo, fournisseur de freins carbone de plusieurs écuries de Formule 1, a dévoilé des informations fascinantes à propos du style de pilotage et de freinage de champions comme Senna, Schumacher et Hamilton.

Les pilotes de Formule 1 sont ennuyeux. Les pilotes ne dévoilent plus leurs vraies personnalités. Ils ne disent plus rien d’intéressant. Les voitures de F1 sont trop faciles à conduire et trop lentes.

La F1 est sous le feu des critiques depuis plusieurs années, à tel point qu’on semble ne plus les entendre. Même si certaines décisions peuvent être prises pour améliorer un peu les choses, il n’existe pas de recette miracle pour résoudre tous les problèmes qui règnent en F1.

En même temps, ces critiques sont souvent injustes, car à titre de sport, il y a toujours une recherche de l’impossible : comment présenter un spectacle excitant sans qu’il ne devienne un divertissement comme la lutte?

Après tout, les buts visés sont parfois contradictoires. Nous rêvons tous de voir une grille de départ couverte par seulement quelques dixièmes de secondes tout en espérant avoir suffisamment de différences entre les voitures pour générer des dizaines de dépassements en course.

La personnalité des superstars existe aussi, mais elle est diluée dans les communiqués de presse distribués par les écuries. Il faut gratter un peu afin de découvrir les traits de ces champions.

Cela s’est vérifié au lendemain du Grand Prix d’Italie en passant une journée dans les ateliers de Brembo, un des fournisseurs de freins carbone de la F1. La société italienne célébrait son 40e anniversaire en sport automobile.

Dans un livre publié par Brembo, les auteurs révèlent des histoires fascinantes sur plusieurs des meilleurs pilotes de F1 et leurs interactions avec les freins. Et on note de grandes différences entre les champions.

Voici ce que les ingénieurs de Brembo ont à raconter sur ces expériences captivantes. Ils nous expliquent comme cinq grands pilotes, Ayrton Senna, Michael Schumacher, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton et Fernando Alonso, se servent de leurs pieds gauches.

AYRTON SENNA

Ayrton Senna
Ayrton Senna

Photo de : XPB Images

À ce jour, les ingénieurs de Brembo ne peuvent identifier un autre pilote qu’Ayrton Senna qui utilise un ratio hydraulique aussi élevé que lui. Selon eux, le triple champion du monde a été l’un des premiers pilotes à réellement comprendre l’importance de l’évolution technique des freins.

Pour obtenir une meilleure efficacité et plus de performance, le Brésilien adorait utiliser des petits maîtres cylindres de freins. De plus, Senna fut l’un des seuls, sinon le seul, à avoir personnellement essayé des développements technologiques comme des étriers à quatre pistons ou des alliages d’aluminium qui généraient une meilleure rigidité et une puissance accrue.

MICHAEL SCHUMACHER

Michael Schumacher
Michael Schumacher

Photo de : Ferrari Media Center

Les techniciens de Brembo affirment que Michael Schumacher fut le pilote le mieux organisé mentalement avec lequel ils ont travaillé. Il pouvait produire des chronos ultra compétitifs et très constants. Il exigeait un système de freinage aussi efficace et performant que lui.

Schumacher avait adopté une pédale de frein à course très courte et très sensible. De taille moyenne, l’Allemand parvenir à exercer pas mal de pression sur la pédale. La principale qualité de Schumacher était sa recherche de la perfection : il désirait avoir des freins d’une efficacité redoutable durant toute la durée de la course.

GILLES VILLENEUVE

Gilles Villeneuve
Gilles Villeneuve

Photo de : LBGPA

Le style de pilotage agressif, spectaculaire et extrême de Gilles Villeneuve en motoneige a eu un impact majeur sur les systèmes de freins montés sur les Ferrari.

Les techniciens les plus âgés de Brembo se souviennent très bien, comme dans une sorte de cauchemar, de la façon dont Villeneuve maltraitait ses freins avec son style de pilotage hyper agressif.

ALAIN PROST

Alain Prost
Alain Prost

Photo de : Jean-Philippe Legrand

Alain Prost, un des grands rivaux d’Ayrton Senna, possédait un style de pilotage et de freinage complètement différents du Brésilien. Le Français était beaucoup plus doux envers sa monoplace et ses freins.

Sa grande précision et son style de conduite coulé signifiaient que Prost imposait peu de contraintes sur ses freins. C’est pour cette raison qu’il demandait finalement peu de choses aux ingénieurs de Brembo. Il ne demandait pas une pédale dure ou à course courte, et taxait peu le circuit de freinage.

Cela ne veut pas dire que Prost n’était pas exigeant au sujet de ses freins. Il demandait sans cesse aux ingénieurs italiens de lui fournir un freinage impeccable et fiable en toutes circonstances.

SEBASTIAN VETTEL

Sebastian Vettel, Ferrari SF15-T
Sebastian Vettel, Ferrari SF15-T

Photo de : XPB Images

Les gens de Brembo confirment que Sebastian Vettel est véritablement un Baby-Schumi, car il est aussi pointilleux que son idole, et a beaucoup travaillé au développement de tout le véhicule.

Mieux : il est capable de détecter une différence subtile dans le matériau de friction. Il est actuellement le seul pilote de F1 à préférer un type de freins selon son type de carbone.

Vettel adore commencer ses tours de qualification avec des freins neufs afin d’exploiter ce grip supplémentaire sur un tour lancé. Il pilote en parfaite harmonie avec ses pneus, et adopte une pédale à course courte et extrêmement réactive. D’un physique très normal, Vettel est toutefois capable d’exercer une forte pression sur la pédale.

FERNANDO ALONSO

Fernando Alonso, McLaren Honda
Fernando Alonso, McLaren Honda

Photo de : XPB Images

Fernando Alonso, comme les autres champions, est extrêmement méticuleux quant à la sensation qu’offre son système de freinage. Sa force physique explosive signifie qu’il est capable d’exercer une pression importante sur la pédale en très peu de temps.

Sa grande force physique contraste nettement toutefois avec son style de freinage très fin et précis. Il atteint habituellement la limite du freinage peu importe les conditions de grip. C’est un peu comme s’il était une sorte d’ABS. Il exploite à fond l’adhérence des pneus, sans bloquer les roues.

LEWIS HAMILTON

Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06

Photo de : XPB Images

Le pilote de l’écurie Mercedes AMG désire avoir un très bon feeling du train avant de sa monoplace. Son style de pilotage agressif signifie qu’il bloque souvent les roues aux freinages.

Lewis Hamilton est extrêmement réactif quand il amorce son freinage. Il dépasse souvent le grip du pneus pour ensuite commencer à moduler la force qu’il applique sur le circuit de freinage.

Le Britannique désire avoir un contrôle sans faille en entrée de virage. Il relâche souvent l’accélérateur une fois bien entré dans le virage. Sa phase initiale de freinage se termine habituellement en entrée, ce qui résulte souvent en un blocage de la roue avant intérieure.

Selon les ingénieurs de Brembo, la seule limite que connaît Hamilton est la température maximale des freins. Mais son style de pilotage, qui dépasse souvent les limites physiques de la voiture, résulte en un spectacle admirable en piste.

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Michael Schumacher , Fernando Alonso , Lewis Hamilton , Ayrton Senna , Gilles Villeneuve , Sebastian Vettel
Type d'article Analyse
Tags brembo, freinage, freins