Combustion d'huile : McLaren veut que la FIA aille plus loin en 2018

L'écurie McLaren a pressé la FIA de durcir sa position pour mettre fin à la combustion d'huile moteur de certaines écuries en Formule 1 en vue de la saison 2018.

Même si l'instance dirigeante de la discipline a resserré l'étau au cours de la saison, déjà alertée par Red Bull et Renault sur l'utilisation d'huile moteur comme combustible dans le but d'améliorer les performances des blocs turbo hybrides, les suspicions étant fortement tournées vers Mercedes et Ferrari, il semble que ce domaine de recherche soit encore grandement exploité.

En sus, des questions ont été soulevées sur le point de savoir si la Formule 1 pouvait réellement, en brûlant plus de deux litres d'huile par course, continuer à mettre en avant une technologie moteur qui respecte l'environnement.

En effet, même si une limite de 0,6 litre pour 100 km sera en place en 2018, McLaren estime que la FIA doit aller plus loin et se montrer plus dure. "La situation est un petit peu difficile à comprendre", a lancé Éric Boullier, directeur de la compétition de McLaren, à Suzuka. "La combustion d'huile est utilisée pour la performance, ce n'est pas un secret, mais un moteur normal de n'importe quelle voiture de route ou de course pour nous, il n'y a pas de combustion d'huile."

"Il y a quelque chose que la FIA essaie de stopper, parce que la combustion d'huile, ce n'est pas très bon pour l'environnement. Et évidemment, s'il y a un [boost] de performance, ils doivent y mettre fin. L'année prochaine nous verrons."

"Je sais que la FIA et Charlie [Whiting] travaillent très dur pour essayer de combler le vide réglementaire parce qu'il n'y a pas de définition claire de l'huile dans les règlements de la FIA, mais je ne sais pas si ça sera suffisant."

"Il faut aussi réprimer cette combustion d'huile, en bouchant le vide juridique pour la saison prochaine. Je pense que la restriction [devrait] être un peu plus importante que ce qui est prévu [pour 2018] actuellement."

Application rigoureuse des règles

Pour le directeur exécutif de Mercedes, Toto Wolff, la clé pour la FIA serait de pouvoir rigoureusement faire respecter la limite fixée, l'Autrichien admettant que les équipes allaient forcément courir après de potentiels avantages compétitifs à partir du moment où la porte était un peu ouverte.

"C'est une chose d'avoir des discussions sur l'environnement, mais de l'autre côté, il est important de respecter les règles. Ça a été clairement exprimé par la FIA après Bakou qu'il ne devait pas y avoir de combustion d'huile, ou que, s'il y en avait, la consommation devait être limitée à 0,9 litre [pour 100 km pour le reste de la saison 2017]. Aucun vide ne permettrait de contourner cela. Je pense qu'il faut que la FIA soit robuste en surveillant juste ce qu'ils ont qualifié de légal et d'illégal."

Quand il lui est demandé s'il estime que les restrictions de combustion d'huile prévues en 2018 vont suffisamment loin, Wolff répond : "Je pense que, quel que soit le niveau, il faut juste que ce soit fait respecter de la bonne façon, afin que tout le monde soit au même niveau."

Du côté de Yusuke Hasegawa, responsable du programme Honda F1, il n'est fait aucun mystère de l'avantage procuré par la combustion d'huile. "Évidemment, la FIA essaie de modifier les règles, pour restreindre la combustion d'huile l'année prochaine, mais dans cette compétition, tout le monde trouve des choses en plus."

Avec Jonathan Noble

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Séries Formule 1
Type d'article Actualités
Tags combustion d'huile, eric boullier, fia, huile, moteur, réglement