Toyota a surmonté les obstacles avec le "cobaye" Buemi

La Toyota #8 n'a pas eu la tâche facile lors de ces 24 Heures du Mans, mais elle est quand même montée sur la deuxième marche du podium.

Toyota a surmonté les obstacles avec le "cobaye" Buemi

C'est le scénario cauchemar pour quiconque en Endurance. Après deux tours derrière la voiture de sécurité en raison de la pluie, le départ des 24 Heures du Mans 2021 a été donné, toujours sous la pluie. Sébastien Buemi était aux avant-postes, mais le pilote de la Toyota #8 a été percuté au premier virage par la Glickenhaus #708 en perdition d'Olivier Pla. De quoi se retrouver en difficulté dès les premiers instants d'une course difficile, et le Suisse peinait clairement à le digérer, tweetant quelques heures plus tard : "Franchement, je suis vraiment ébahi par les risques que certains prennent au premier virage d'une course de 24 heures sous la pluie…"

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Le discours du Suisse était néanmoins plus mesuré ce dimanche après-midi après le drapeau à damier, au terme d'une épreuve où la Toyota #8 (qu'il partage avec Brendon Hartley et Kazuki Nakajima) n'a pas été épargnée par les ennuis – notamment un problème de pression d'alimentation en carburant qui l'a plus impactée que la voiture sœur. Le bolide nippon n'a malgré tout jamais été réellement menacé par l'Alpine et les Glickenhaus, et est longtemps resté en lice pour la victoire avant de perdre du terrain en fin d'épreuve.

"Nous n'avons pas eu de pluie de toute la semaine, et juste au début, il y a eu une énorme averse", relate Buemi. "C'était pareil pour tout le monde, évidemment. C'est une course de 24 heures, donc on essaie d'être assez prudent au départ, surtout s'il pleut. J'y suis allé doucement, c'est très clair, mais [Pla] a bloqué ses roues et m'a percuté. Nous avons eu de la chance dans une certaine mesure, car il m'a heurté à la roue arrière gauche. Heureusement, nous n'avions pas de dégâts."

"Le seul problème, c'est qu'il faut redémarrer, il y a 60 voitures qui arrivent sous la pluie, la visibilité est mauvaise, il faut arrêter la voiture et la réinitialiser en pleine ligne droite avec des GT qui passent autour. J'ai tiré tout droit à Arnage, les pneus étaient complètement froids. J'ai dû enclencher la marche arrière. Je crois que nous étions bons derniers, en gros ! Finir deuxième après ça, c'est plutôt bien. Nous menions même la course à un moment !"

"Je suis vraiment content pour la voiture #7, pour l'équipe, content de ce doublé, mais un peu déçu pour nous car, forcément, nous aimons gagner. Notre rythme était excellent en début de course – j'ai détenu le meilleur tour pendant un moment, puis Brendon l'a eu pendant le reste de la course – mais à un moment dans la nuit, je ne sais pas ce qui s'est passé, nous sommes devenus de plus en plus lents, la voiture sœur est devenue un peu plus rapide, puis nous avons eu quelques problèmes mécaniques à la fin de la course. Finir deuxième n'est pas si mal."

Sébastien Buemi, #8 Toyota Gazoo Racing Toyota GR010 - Hybrid Hypercar, Brendon Hartley, #8 Toyota Gazoo Racing Toyota GR010 - Hybrid Hypercar

L'empathie évoquée par Buemi envers la voiture #7 est partagée par son équipier Brendon Hartley, qui ne manque pas de rappeler que les vainqueurs Kamui Kobayashi, Mike Conway et José María López "ont été malchanceux ces dernières années" ; aucun de ces trois hommes ne s'était déjà imposé en Sarthe, l'édition 2021 représentant la sixième participation du Japonais à la classique mancelle avec Toyota, la septième de l'Anglais et la quatrième de l'Argentin.

Hartley salue tout particulièrement la contribution de son écurie et de Buemi dans le contexte de ce que le directeur technique Pascal Vasselon définit comme un "problème de pression d'alimentation en essence". Les Toyota – la #8 en particulier – ont effectivement été contraintes de réduire la longueur de leurs relais en seconde moitié de course, parfois drastiquement.

"Nous avons eu ce problème à la fin avec le carburant, nous avions du mal à avoir tout le carburant", commente Hartley. "Nous avons commencé à faire des relais de cinq tours, parfois six – je crois que c'est tombé à deux, à un moment ! Franchement, nous n'étions pas sûrs de finir la course. Je dois dire, superbe travail de toute l'équipe, qui a trouvé une solution viable pour que nous atteignons l'arrivée."

"Seb a fait le cobaye, disons-le ainsi : il faisait les tests à la volée – excellente communication avec le muret des stands – pour essayer de gérer certains problèmes et systèmes. C'est Le Mans, il y a toujours ces histoires !"

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