Espargaró poussé dans ses retranchements par l'incident du Japon

Aprilia compte sur la détermination d'Aleix Espargaró pour qu'il ne se laisse pas abattre par l'erreur d'un membre de son équipe qui lui a coûté cher au championnat. Passé à 25 points de Fabio Quartararo, le pilote espagnol n'a qu'un objectif à présent : gagner une course.

Espargaró poussé dans ses retranchements par l'incident du Japon

Quel poids aura le Grand Prix du Japon dans le classement final du championnat tel qu'il apparaîtra dans six semaines, à l'issue de la dernière course ? Puisqu'il est trop tôt pour le dire, les clans Ducati et Aprilia tentent pour le moment de mettre le plus rapidement possible de côté la déception d'une épreuve qui n'a pas rapporté de points à leur leader.

Alors que Pecco Bagnaia n'a perdu que sept ou huit points en partant à la faute dans le dernier tour, Aleix Espargaró est convaincu d'être "passé à côté d'une grosse opportunité", d'autant plus "en colère et triste" qu'il est absolument certain d'avoir eu le potentiel pour se battre aux avant-postes alors que ses deux rivaux évoluaient dans le peloton. Si le pilote Ducati ne peut s'en prendre qu'à lui-même, dans le cas de l'Espagnol c'est une erreur humaine qui est en cause, celle d'un membre de son équipe qui n'a pas désactivé le mode économique sur lequel le moteur est réglé pour la mise en grille.

"Je qualifierais ce qui s'est passé d'injuste, mais ça arrive", explique Romano Albesiano, directeur technique, à La Gazzetta dello Sport. "L'erreur est un fait statistique, on n'a jamais l'assurance absolue de l'éviter. Cela arrive même à des personnes qui, comme dans ce cas, n'ont pas fait la moindre erreur en vingt ans. Nous nous interrogeons à présent sur ce que nous pourrions faire en termes de procédures afin d'éliminer ce type d'incidents."

Espargaró, qui a lui-même commis une boulette à Barcelone en relâchant son effort un tour trop tôt à la fin de la course, a apporté son soutien moral au fautif, néanmoins il est apparu très abattu, conscient de la valeur des points envolés. "Je ne suis pas énervé contre l'équipe", a-t-il assuré. "À la fin de la course, l'ingénieur électronique est venu me demander pardon en me disant que c'était sa faute et je l'ai pris dans mes bras. Ce sont des choses qui arrivent, mais aujourd'hui on a vraiment pris du retard au championnat."

"Ce qui m'énerve le plus c'est d'avoir perdu une occasion de gagner alors que les autres faisaient une course difficile", expliquait-il dimanche, affirmant qu'il aurait eu "moins mal si Pecco et Fabio étaient montés sur le podium" et s'il avait donc pu percevoir une vraie infériorité sportive sur cette épreuve.

"Je suis un peu sans force, abattu, ça me coûte beaucoup. L'Aprilia n'est pas la Ducati, l'Aprilia n'est pas la Yamaha ou la Honda, et moi je ne suis pas Marc Márquez ou Valentino Rossi et ça m'a coûté beaucoup, beaucoup, beaucoup pour être où je suis, et c'est dommage de perdre autant de points pour une erreur aussi stupide", regrettait le pilote espagnol.

L'Aprilia n'est pas la Ducati, la Yamaha ou la Honda, et moi je ne suis pas Marc Márquez ou Valentino Rossi. Ça m'a coûté beaucoup, beaucoup, beaucoup pour être où je suis.

Aleix Espargaró

"Aleix aurait pu récupérer beaucoup de points", observait son coéquipier Maverick Viñales, compatissant. "Si j'étais à sa place, je serais très énervé, c'est logique. Bien sûr que l'erreur se comprend parce qu'on peut tous se tromper mais c'est difficile. Ces erreurs peuvent coûter un championnat."

Chez Aprilia, on regrette "une opportunité quasiment certaine de reprendre des points", partie en fumée avec cette bévue qui a valu au pilote espagnol sa première arrivée hors des points. Une course pour rien, donc, mais qui n'éradique pas pour autant les espoirs dans le clan de Noale. Certains n'ont pas oublié en effet le scénario fou qui avait conduit au dernier titre mondial de la marque, en l'occurrence celui de Sylvain Guintoli en WorldSBK il y a huit ans : le Français affichait 43 points de retard à quatre manches (et huit courses, donc) de la fin, mais il allait finir par remporter le championnat avec six unités de marge.

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team

Aleix Espargaró

Malgré sa colère, Espargaró entend désormais repartir au combat sans se laisser abattre. "Je n'ai pas peur que cela le conditionne", souligne Romano Albesiano, qui veut croire dans la hargne sans égal de son pilote. "Aleix fait preuve d'une détermination incroyable, quelque chose comme ça ne peut pas l'abattre, d'autant que dans notre malchance nous avons perdu peu de points."

Aprilia percevait le duo Japon-Thaïlande comme un mauvais moment à passer, en revanche on promet dans l'équipe que la RS-GP fera partie des protagonistes en Australie et en Malaisie. Et on sait pertinemment que ce qui compte, c'est le scénario de l'instant, or le championnat a pris une tournure différente ces dernières semaines.

"Quartararo semble avoir perdu un peu d'éclat", estime Romano Albesiano. "Surtout, s'il n'arrive pas à passer le premier virage devant tout le monde, il a du mal. Je pense qu'il peut être rejoint et battu. Bagnaia a été très fort sur les dernières courses, mais ce faux pas peut être le signal de quelques difficultés dont nous essayerions alors de profiter."

"C'est difficile mais maintenant, plus que jamais, il faut essayer de gagner une course", a prévenu quant à lui Espargaró en quittant le Japon, lui qui pointe désormais à 25 points du Français et sept de Bagnaia. "C'est la seule option qu'il me reste parce que Fabio a désormais un Grand Prix d'avance et qu'il en reste quatre. Je dois gagner l'une des prochaines courses, sinon c'est impossible."

Avec Charlotte Guerdoux

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