Márquez/Acosta : discussion relax d'un champion avec un jeune diamant

Pedro Acosta : un nom que beaucoup de monde découvre, après un sensationnel début de saison du jeune Espagnol de 16 ans en Moto3. Invité à sa première conférence de presse à Jerez, le jeune homme s'est exprimé devant un parterre de journalistes et a fait connaissance avec un Marc Márquez visiblement intéressé.

Márquez/Acosta : discussion relax d'un champion avec un jeune diamant

La conférence de presse de présentation du Grand Prix d'Espagne, jeudi à Jerez, représentait une grande première pour le jeune pilote Moto3 espagnol Pedro Acosta. Celui qui apparaît déjà comme l'une des sensations de cette saison 2021, et suscite nombre de commentaires élogieux dans le paddock après trois victoires en quatre courses, a bénéficié d'un instant privilégié avec un Marc Márquez, attentif après qu'ils eurent pris la pose pour les photographes. Le champion espagnol, de 12 ans l'aîné du jeune leader du championnat Moto3, s'est montré chaleureux alors que les deux hommes attendaient en off la tenue de la conférence de presse officielle, devant le pupitre.

Une conversation légère et bienveillante, au cours de laquelle Márquez se tourne vers son cadet avec l'expérience d'un champion ayant déjà traversé de nombreux cycles et se remémorant à quel point les débuts dans le grand bain peuvent la fois être excitants et source d'anxiété. Retranscription de la conversation.

Marc Márquez - Alors, tout va bien ?
Pedro Acosta - Oui, oui !
MM - Tu es nerveux ?
PA - Non !
MM - C'est bien !
PA - Enfin, s'il me parle en anglais ! Sinon, pas de problème.
MM - Si tu ne comprends pas, tourne-toi et demande : "Qu'est-ce qu'ils ont dit ?" Et c'est tout ! Quelqu'un te traduira ça.
PA - OK, merci !
MM - Mais tu utilisais plus ou moins l'anglais en Red Bull Rookies Cup, non ?
PA - Oui, oui, oui !
MM - "Good race, difficult" ! [rires]
PA - La première année a été difficile pour moi. Parce que bien sûr, à Jerez et au Mugello, c'était OK mais quand je suis arrivé à Assen et au Sachsenring, je me disais : "Mais qu'est-ce qu'ils me racontent ?"
MM - Une fois que tu comprends, c'est bon.
PA - Oui, oui.
MM - Tu es bon ici, à Jerez ?
PA - Oui !
MM - Normal ?
PA - C'est un circuit, au final !
MM - Tu t'en es bien sorti au dernier tour, à Portimão. Au troisième virage, tu es presque tombé !
PA - Oui, ça n'a pas arrêté de m'arriver !

Lire aussi :

MM - Tu travailles avec Aki [Ajo], c'est ça ? C'est lui qui te dirige ?
PA - Oui.
MM - C'est bien, Aki est très bon.
PA - Quand il est là, tu le sais ! Parfois il se tient là comme une statue !
MM - Il est très bon. Et en plus, il t'apporte de la sérénité.
PA - Oui, surtout au Qatar. À Portimão, je pensais : "Il faut que je sois dans les 14 premiers de chaque séance et en Q2". Mais au Qatar, j'étais arrivé et j'avais dit : "Je suis là et je dois être dans le top 3 de chaque séance". C'est tout. Et Aki m'a regardé avec sa tête de "relax, vas-y mollo !"
MM - [rires] Détend-toi, il est cool. Maintenant tu arrives sur des circuits que tu connais.

MM - Tout va bien mec, c'est cool ici. C'est ta première conférence de presse et c'est normal que tu te sentes un peu… [il se frotte le ventre]
PA - Ouais, je me demandais : "Mais pourquoi m'ont-ils appelé ici ?!" Mais c'est comme ça !
MM - Oui, reste calme et c'est tout. Ne laisse pas la pression d'affecter. Il y aura un moment pour la pression. Tu as le temps.
PA - Pour le moment, tout va bien. Quand ça ira mal, je te dirai !
MM - Sois cool. Ce que tu as maintenant est génial. Plus tard, on te dira : "Maintenant, il faut gagner, hein ?" Alors change de canal, détend-toi, et profite. C'est ça. Quand je suis arrivé en MotoGP, ce que j'ai le plus apprécié a été ma première année.
PA - Ah oui ?
MM - Plus tard, c'était que : "gagne, gagne, gagne !" Ça deviendra plus compliqué pour toi.
PA - C'est vrai… Ils pensent tous que c'est facile.
MM - Les gens vont commencer à s'attendre à ce que tu gagnes chaque course.
PA - C'est sûr.

Plus tard, on te dira : "maintenant, il faut gagner, hein ?" Alors détend-toi, et profite !

Marc Márquez

MM - Reste détendu. Si tu ne peux pas gagner, prend les points. Maintenant que j'ai 28 ans, je sais ça, mais quand j'étais comme toi…
PA - C'est sûr… Quand je rentre à la maison, tout le monde me fait : "Le championnat du monde devrait être facile pour toi". Et moi je me dis : "Comment penser que ça va être facile ?" Je suppose que ça a l'air facile à la TV, nan ?
MM - [rires] Mets ça de côté. Je te regardais déjà l'an dernier ; je te suivais en championnat européen et je me disais que tu t'en sortais bien.
PA - Ce fut une longue année.
MM - Mec, vous arrivez avec tellement de kilométrage ! La Red Bull Rookies Cup, le championnat européen… Tu connais Le Mans ?
PA - Non, non.
MM - Tu n'y es jamais allé, au Mans ? Ils courent encore là-bas, pourtant.
PA - Oui.
MM - Ou c'était le championnat espagnol ?
PA - Non, parce qu'en 2019, je n'ai fait que la Rookies Cup, qui n'est pas allé au Mans. Et l'an dernier on devait se rendre à Misano mais ça ne s'est pas fait non plus.
MM - Et le Mugello, tu connais ?
PA - Oui, il n'y a que Le Mans.
MM - Le Mans, tu y sera bien comme ça [il claque des doigts]. Tu verras. Parce qu'avec ton style de pilotage, ta manière de passer un peu comme ça [il mime]. C'est beaucoup de freinage, de stop-and-go, et tu es bon avec ça.
PA - Je pense qu'il me manque Le Mans et la Finlande.
MM - Les plus importants sont le Mugello… Et on ne va pas à Brno cette année, mais ces circuits plus longs sont plus durs.
PA - Tout est OK, à part le Le Mans.
MM - Les courts sont plus faciles.
PA - Oui, oui.
MM - Super départ en tout cas. Tu habites toujours à Murcie ?
PA - Oui, oui.
MM - Murcie même, ou… ?
PA - Pas loin, à une demi-heure.
MM - T'es le Requin de…
PA - Le Requin de Mazarron ! [rires] C'est pas mal, j'aime bien !
MM - Moi, je suis à Cervera, comme toujours.

MM - Tu fais quoi d'autre ? Du motocross ?
PA - Un peu de tout, mais pas trop de motocross. Parce que je finis toujours par me faire mal.
MM - Ah ouais ?
PA - Oui, oui…
MM - C'est en motocross que tu as commencé ? Où as-tu débuté ?
PA - Oui, j'avais la moto chinoise typique vendue dans les magasins de deux roues, mais…
MM - T'es allé directement en minimoto ?
PA - Ouais !
MM - Puis directement en course sur piste…
PA - Oui, oui. Mais en motocross, je me fais mal !
MM - Bon, laisse tomber alors !
PA - J'ai pensé que peut-être un jour…
MM - Tu fais du flat track ?
PA - Oui, oui. J'y ai déjà pensé, mais le sol est dur si tu sautes !
MM - Ouais, si tu n'as pas fait de sauts depuis que tu es petit… Moi j'ai débuté en motocross et c'est pour ça que j'en ai fait. Mais le flat track…
Organisateur - Allons-y !
MM - À plus tard !

partages
commentaires
Aleix Espargaró certain que l'Aprilia sera rapide "partout"
Article précédent

Aleix Espargaró certain que l'Aprilia sera rapide "partout"

Article suivant

Mir ne se sent pas encore prêt à s'engager comme Hamilton

Mir ne se sent pas encore prêt à s'engager comme Hamilton
Charger les commentaires