McLaren Honda - De grandes évolutions arrivent course après course

Si McLaren s'est retrouvé en fond de grille en début d'année, c'est principalement à cause du handicap que représente le moteur Honda. Clairement moins puissant que les unités de puissance Mercedes ou Ferrari et manquant de fiabilité, celui-ci provoque bien des maux de tête à Woking.

En termes de performance, les progrès ont été rapides. De cinq secondes de retard sur la pole position en Australie, McLaren est passé à trois secondes et demie en Chine et deux secondes et demie à Bahreïn. Depuis, la MP4-30 semble stagner, et selon les explications de Yasuhisa Arai, chef de la compétition chez Honda... c'est à cause de la fiabilité.

En effet, c'est une grande partie des ressources de McLaren et Honda qui était utilisée pour ce domaine, au détriment de la performance. Il faut souligner que l'on peut déjà dénombrer neuf abandons causés par des problèmes de fiabilité depuis le début de la saison pour McLaren, mais les progrès sont là : pas un d'entre eux n'est survenu lors des deux derniers Grands Prix. Aussi va-t-on pouvoir se concentrer sur la performance, chez Honda.

"Je crois avec confiance que nos problèmes de fiabilité sont désormais derrière nous, ce qui signifie que nous pouvons nous concentrer sur la puissance," déclare Arai avec optimisme. "Après la fermeture estivale, notre plan est d'utiliser une nouvelle spécification de notre moteur en utilisant des jetons de développement parmi les sept qu'il nous reste."

"Le domaine le plus important sur lequel nous devons nous concentrer est la combustion. La réglementation actuelle requiert une combustion très efficiente, donc nous voulons en changer les caractéristiques avec la chambre de combustion avec l'agencement des systèmes d'entrée d'air et d'échappement."

Toutes les nouvelles pièces n'arriveront pas forcément lors du prochain Grand Prix, mais seront plutôt espacées dans le temps sur les deux mois à venir.

"Un autre problème que nous aborderons est la réduction du frottement mécanique en changeant le système d'engrenage ainsi que la combustion," poursuit Arai. "Ces évolutions ne seront pas toutes présentes pour le Grand Prix de Belgique ; certaines pièces seront utilisées à Spa et le reste dans les semaines qui suivront."

L'effet domino

Les problèmes de fiabilité de McLaren étaient notamment causés par un certain effet domino, un seul souci pouvait en déclencher bien d'autres.

"Si l'on essaie de recouvrer de l'énergie en utilisant le MGU-H, cela donne une charge de travail éprouvante au turbo," souligne Arai. "Quand le turbo est sous tension, il ne peut pas faire ce qu'il est censé faire, c'est à dire, faire passer davantage d'air dans le moteur, ce qui cause une perte de puissance."

"C'est le résultat d'un composant qui marche contre les autres, au lieu qu'ils marchent les uns avec les autres. Nous avions vraiment sous-estimé ce genre de réaction en chaîne typique qui mène à une panne."

La F1 a changé en 20 ans

McLaren et surtout Honda ont-ils sous-estimé le défi que représente la réglementation technique en vigueur depuis 2014? Au vu des difficultés rencontrées par l'équipe depuis le début de la saison, cela semble clair, et Arai est loin de le nier.

"La F1 a énormément changé depuis les jours glorieux de McLaren Honda," reconnaît le Japonais. "La technologie actuelle est bien plus sophistiquée, et c'est dur de faire une bonne voiture de course. Nous savions que ce ne serait pas facile, mais n'imaginions peut-être pas que ce serait si dur."

"Je ne me doutais certainement pas de ce qui nous attendait du point de vue de la technologie, mais je fais entièrement confiance à la direction que nous avons choisie avec notre unité de puissance. Nous avions besoin de créer quelque chose de radical pour battre les équipes de pointe, et c'est notre objectif ultime : battre les meilleurs."

Arai ne craint pas d'être renvoyé

Il a été mentionné qu'Arai puisse être sous pression suite aux médiocres résultats obtenus cette saison : McLaren demeure neuvième du championnat constructeurs malgré les douze points engrangés au Hungaroring. Le technicien ne s'inquiète toutefois pas pour sa place à la tête du département compétition de Honda.

"La méthode de développement de Honda est très différente de la Formule 1 et de McLaren," rappelle-t-il. "Bien sûr, j'ai beaucoup de pression sur les épaules, surtout venant des fans, du conseil d'administration de Honda et de mes collègues, mais c'est complètement normal."

"Je pense avoir ce qu'il faut pour mener ce projet, mais je ne peux pas décider de mon propre avenir, pas plus que les médias ou les membres du conseil d'administration de McLaren. J'espère continuer à mener ce projet et je pense que les membres de notre conseil d'administration me font entièrement confiance," conclut Arai.

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