Loris Baz se voit revenir aux USA en 2022 "à 90%"

Tant que le projet qui lui est proposé est de qualité, Loris Baz ne se ferme aucune porte. C'est ce qui l'a mené au championnat américain en 2021, une aventure sur laquelle il revient en ayant déjà tiré des leçons utiles pour l'avenir.

Loris Baz se voit revenir aux USA en 2022 "à 90%"

Le parcours atypique de Loris Baz connaît un nouveau rebondissement cette semaine, avec le retour du Français en WorldSBK, remplaçant d'un Chaz Davies blessé et ayant même désormais fait le choix de prendre sa retraite. Le Français découvre une nouvelle équipe, Go Eleven, et une Ducati Panigale V4R dotée des dernières évolutions, et le voici qui repart à l'assaut des pistes mondiales avec l'intention de se donner au maximum.

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S'il se dit certain "à 90%" de retourner aux USA par la suite, sa carrière n'a jamais été à l'abri d'un retournement de situation. C'est d'abord avec Kawasaki que le Français s'est lié en WorldSBK, ayant intégré la catégorie lors de la blessure de Joan Lascorz. Il ne l'avait quittée que trois saisons plus tard pour relever le défi du MotoGP, en cédant au passage sa place à Jonathan Rea avec la suite que l'on connaît pour le pilote nord-irlandais. Après avoir fait son retour en dérivées de la série avec BMW, Baz avait retrouvé en 2019 Yamaha, la marque avec laquelle il avait brillé dans les catégories Superstock, avec notamment le titre en 1000cc en 2008.

Intégré à une équipe de renom, le team Ten Kate, Baz pouvait nourrir l'espoir d'écrire une belle histoire, et ce d'autant plus que le programme semblait gagner en qualité au fil du temps, avec les évolutions apportées à sa R1 et les résultats qui en ont découlé. Un temps, il a même cru avoir convaincu le constructeur de l'intégrer à son équipe officielle, avant de voir ce guidon lui échapper. Dans la foulée, c'est même le programme WorldSBK de Ten Kate qui a capoté, et voici comment le Haut-Savoyard a dû plier bagage après une saison conclue à la huitième place au général avec quatre podiums en poche.

Contre toute attente, il a alors pris la direction des États-Unis pour un nouveau challenge, cette fois sur une Ducati bénéficiant d'un solide soutien technique et financier. D'emblée, on l'a alors vu dépasser son manque d'expérience pour se battre aux avant-postes. Si la victoire lui a finalement échappé, Baz a tout de même bouclé sa saison au quatrième rang, décidé à faire mieux la saison prochaine.

Avant d'embarquer dans un énième défi, ce week-end à Jerez, il a répondu aux questions de Motorsport.com pour revenir sur cette année d'émotions fortes.

L'année dernière, ta prolongation avec Ten Kate avait beau tarder, on ne s'attendait pas à ce que ça n'aboutisse pas. Quand as-tu su que ce serait difficile de continuer en WorldSBK ?

Hmm… À Magny-Cours, un petit peu. Ici [à Jerez] j'étais certain à 100% que je piloterais une Yamaha d'usine, que ce soit chez Ten Kate ou dans l'équipe officielle, c'est ce qu'ils m'avaient promis. Puis à Portimão aussi, Aragón aussi... À Barcelone j'ai commencé à comprendre que ce serait peut-être un peu dur, mais je restais sûr de courir pour Ten Kate. Et puis à Magny-Cours [début octobre], Ten Kate m'a dit qu'ils n'étaient pas certains de continuer. À partir de là, j'ai compris que ça n'était pas certain.

Dans ce contexte, le MotoAmerica a été un très bon plan B...

Ça s'est fait très tard, en février. On a signé fin février. C'était un bon projet. Je n'ai jamais voulu courir dans une équipe B ou C, je préférais rester chez moi. Mais j'ai eu cet appel, et c'était un bon projet. Ducati était derrière, j'ai parlé avec Paolo [Ciabatti] et j'adorais ce projet. J'ai donc signé immédiatement. Et puis, Ferracci était derrière, c'était un gros projet. Le team était une ancienne équipe, mais tout était nouveau avec Warhorse, Ducati New York et Ferracci.

Pour moi, c'était une première, je devais apprendre les pistes, la moto, les pneus, mais c'était aussi la première fois que Ducati courait sur la plupart de ces pistes et qu'ils couraient avec les Dunlop. On était donc vraiment en dehors de notre zone de confort et on a vraiment fait beaucoup d'efforts pour obtenir quelque chose de super. On n'a pas connu la saison qu'on voulait mais tout bien considéré on a eu une super saison. Je me suis amusé, j'ai pris du plaisir et j'ai adoré le championnat et les gens là-bas.

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Comment t'es-tu organisé ? Tu as vécu là-bas ou bien tu rentrais en Europe ?

Je suis resté sur place les trois premiers mois, puis je suis rentré pour une semaine, reparti pour deux mois, revenu pour dix jours, reparti là-bas pour deux courses, revenu, etc. J'ai essayé de rentrer chaque fois que je le pouvais, mais quand je suis parti j'étais prêt à rester là-bas pour la saison complète parce qu'au début on ne savait pas quelles seraient les restrictions de déplacement. Et puis petit à petit, on a appris, rencontré des gens et ça a été de plus en plus facile de voyager.

Mais ça a été un gros changement parce que je n'avais jamais fait une course seul dans ma vie, j'ai toujours eu des amis ou ma famille sur place. J'ai laissé tout le monde, ma copine est restée à la maison, mes parents… On avait beaucoup de projets avec mes parents, je voulais vraiment rouvrir le restaurant de ma mère donc on avait commencé ce projet et puis je suis parti aux USA et j'ai laissé mon père tout faire. Ça a donc été un gros changement, mais j'ai vraiment aimé ça, c'était une très belle aventure. J'y suis allé pour courir à moto et je m'y suis fait des amis et une famille, car je suis désormais très proche des membres de l'équipe.

Tu étais très rapide sur la Yamaha. À quel point cela t'a-t-il fait un choc de monter sur la Ducati ?

Franchement, ça n'était pas tellement un choc. Le seul test qu'on a fait a eu lieu à Austin, or je connaissais la piste et la moto y était super compétitive. À ce moment-là, c'était comme retourner en MotoGP, vu le caractère du moteur et l'électronique. Ensuite on a fait la première course, qui a été un désastre ; on a vraiment joué de malchance, mais on était super rapides parce que c'était une très bonne piste pour la Ducati. Et ensuite on est allé sur les pistes américaines typiques : étroites, avec un mauvais bitume, bosselées. Là, on a commencé à souffrir et on a compris qu'il fallait qu'on commence à changer des choses sur la moto pour que ça fonctionne. Alors on a fait des changements.

Étant donné que tout était nouveau, il a fallu qu'on crée une équipe et qu'on change des personnes dans le team tout au long de l'année. Ça n'a donc pas été facile, ça a été la partie la plus dure : c'était comme créer une toute nouvelle équipe en partant de zéro. Et puis, tout s'est passé très tard, parce que j'y suis allé pour la première fois le 15 mars, puis on n'a pas commencé avant avril, on n'a pas fait de tests. On était donc tout le temps en retard et on devait rattraper notre retard. Quand Jake [Gagne] faisait le record de la piste en EL1, on était toujours en train de chercher les bons rapports de boîte et les réglages. J'ai malgré tout pris beaucoup de plaisir.

Les pneus Dunlop étaient-ils très différents ?

Oui, c'était une grosse différence. L'avant m'a plus rappelé une moto de Grand Prix qu'une Superbike. La carcasse du pneu est beaucoup plus rigide. Mais avec la Ducati, on manquait de grip arrière sur l'angle, c'était un de nos principaux problèmes toute la saison. Mais, oui, les pneus ont vraiment fait une très grosse différence.

Y a-t-il une chance de te voir revenir en WorldSBK l'année prochaine ?

Pas plus que si j'étais en Amérique… J'ai toujours dit que je voulais revenir ici. Je pense que j'ai toujours ma place ici, mais je ne veux revenir que si j'ai une bonne moto et une bonne opportunité. Sinon, je préfère rester en Amérique. On verra. Je peux dire à 90% que je courrai aux États-Unis l'année prochaine, mais l'année dernière à cette période-ci j'étais sûr à 100% que j'allais courir sur une Yamaha officielle en WorldSBK, et maintenant je suis ici. Les choses peuvent changer très vite et on n'est jamais sûr de ce qui va se passer. Pour le moment, il s'agit juste de m'amuser ici et à Portimão, ensuite on verra.

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