Ricciardo : "Quelque chose s'est emparé de moi"

Quelques jours après son succès à Monza, Daniel Ricciardo est revenu sur les fortes sensations intérieures qui l'animent lorsqu'il est question de F1.

Ricciardo : "Quelque chose s'est emparé de moi"

Jeudi 16 septembre, c'était jour de fête à Woking ! Après trois week-ends consécutifs de Grand Prix, les troupes de McLaren sont rentrées en Angleterre avec en poche non seulement une victoire, mais aussi un doublé. La fin d'une longue attente, d'un sevrage qui durait depuis la fin de la saison 2012. Alors, l'écurie a tenu à partager ce moment avec tout son personnel. L'occasion pour toutes les femmes et les hommes qui la composent de célébrer ceux qui ont incarné ce retour au premier plan, Daniel Ricciardo et Lando Norris.

L'Australien, lui, est sur son petit nuage depuis dimanche et sa victoire impériale à Monza, lors du Grand Prix d'Italie. Recrue vedette de McLaren cette saison pour succéder à Carlos Sainz, il a connu une première partie de saison plus que difficile. Et voici que c'est lui qui ramène le Graal. De quoi se perdre dans les sentiments, ceux-là même qui ont, certainement, joué une part cruciale dans le succès italien.

"J'étais plutôt sombre après les qualifications", rappelle Ricciardo, qui avait manqué la troisième place pour quelques millièmes de seconde. "Il y avait quelque chose en moi, je ne veux plus être… Je veux gagner, je veux être celui-là. Le fait d'en être aussi proche m'a nourri plus que tout. Bien sûr, [les qualifications] étaient bonnes et l'équipe disait : 'C'est une bonne séance, tu devrais être heureux'. Ça l'était, c'était une bonne séance par rapport à cette année, mais c'est là que le compétiteur qui est en moi est vraiment ressorti."

"Je ne peux même pas l'expliquer. C'était comme si quelque chose brûlait en moi, et je me disais : 'Non, ce n'est pas suffisant'. J'avais des œillères pour le reste du week-end. C'est facile à dire maintenant, parce que j'ai gagné. Mais honnêtement, quelque chose s'est emparé de moi, surtout après vendredi soir, et je crois que j'étais en mission."

Les festivités à Woking, jeudi 16 septembre, après la victoire de Monza.

Les festivités à Woking, jeudi 16 septembre, après la victoire de Monza.

En parvenant à se remettre sur de bons rails, à trouver la confiance dont il manquait à bord de la MCL35M, et à faire fructifier le tout sur un tracé qui était taillé pour la monoplace orange, Ricciardo a renoué avec des sensations qui lui ont rappelé sa première année de succès, en 2014 chez Red Bull.

"J'ai toujours eu confiance en moi pendant les week-ends de course, et j'étais au rendez-vous par moments, mais pas à ce niveau", souligne-t-il. "C'est quelque chose que peu de gens peuvent comprendre, car c'est un peu primaire. Mais c'est pour ça que je fais ça aussi. Je ne dis pas ça juste pour avoir l'air cool devant la caméra. C'est vraiment l'autre facette de ma personnalité qui, lorsqu'elle ressort, est très puissante. C'était comme 2014, quand j'ai percé. C'est à ce moment-là que j'ai pu laisser ces émotions s'exprimer sur la piste. Et c'est pourquoi c'est devenu si puissant en moi."

Passée l'ivresse du succès retrouvé, Ricciardo veut être capable de confirmer sur la durée ce retour au premier plan, et il se sent désormais prêt à rééditer de grosses performances sans avoir besoin de puiser à ce point au fond de lui-même.

"Je le crois", assure-t-il. "Je veux être là, je suis un compétiteur, j'aime ça. J'aime cette flamme qu'il y a en moi. C'est un peu comme être un éternel mécontent, et j'aime cette sensation. Ça vous fait vous sentir vivant. Et c'est une bonne colère. On retire beaucoup d'énergie de cette colère. Mais après ce week-end, je ne pense pas avoir tout le temps besoin de puiser au fond de moi-même pour faire ressortir ça."

"Je pense avoir retiré beaucoup de confiance de ce week-end, et l'équipe aussi ; beaucoup d'entre eux m'ont soutenu et ils croient en moi depuis le début. Le week-end a en quelque sorte rassuré tout le monde, donc je pense que pour aller de l'avant avec l'équipe, nous pouvons être confiants."

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