Portrait - Pierre Gasly veut créer les opportunités en F1 (3/3)

Membre du Red Bull Junior Team, Pierre Gasly est parmi les Français les plus prometteurs de sa génération, et on peut légitimement s'attendre à le voir en Formule 1 d'ici quelques années. Dans ce troisième et dernier volet de notre interview avec lui, Gasly évoque sa saison GP2 mais aussi son avenir dans la catégorie reine du sport automobile, la Formule 1.

Motorsport.com : Vous êtes désormais chez DAMS. Il y a du potentiel, mais il ne semble pas être exploité à l’heure actuelle…

Pierre Gasly : À l'heure actuelle, on n’a vraiment pas du tout montré la performance qu’on a. Ce qui se passe, c'est qu’on a beaucoup de malchance depuis le début de la saison, avec un crash à Bahreïn en course 1. Avec le format des weekends de GP2, sachant que la grille de la course 2 est le résultat de la course 1, s'il se passe quoi que ce soit en course 1, le weekend est ruiné.

Donc crash à Bahreïn, pénalité à Monaco où je dois partir des stands. Au final, ils se sont excusés parce que je n'avais pas volé le départ comme ils l'avaient dit, c'était juste Evans qui avait calé derrière moi. Déjà, cela fait deux weekends out. Au Red Bull Ring, on est partis troisième, on a pris un très mauvais départ et après, j'ai cassé l'aileron avant, donc on a encore fait treizième à la course 1, donc cela fait trois weekends.

Pour moi, le seul weekend à peu près normal que l'on ait eu, c'était à Barcelone, on fait troisième en qualifications. En stratégie, on s’est un peu ratés, et du coup sur les derniers tours, j'étais un peu à la ramasse. J'étais quatrième, je suis passé septième, et on a fait troisième le lendemain. Ce n'est pas là où on voudrait être, mais disons que ce n'est pas trop mal. Là, ce weekend, je ne connaissais pas Silverstone. On était un peu plus loin en qualifications, sixième, on manquait un peu de performance, mais après, on a fait quatrième et troisième en course.

Je pense qu'à l'heure actuelle, en course, il y a encore à travailler sur la gestion des pneus qui est le paramètre le plus différent de la FR3.5, ce qui n'est pas facile : je suis agressif, et du coup, cela demande beaucoup de travail pour moi d'être en-dessous et de vraiment être calme pour préserver les pneus, mais ça commence à venir, et là, on voit qu’on fait un weekend solide, quatrième et troisième, donc cela va dans le bon sens.

Vous avez aussi fait des tests F1 chez Toro Rosso et chez Red Bull. Comment la F1 se compare-t-elle à la GP2 et à la FR3.5?

Je trouve que les deux catégories sont de bonnes écoles pour aller en F1. Chacune a des points communs avec la F1 et des différences, mais je dirais qu’au final, il n’y a pas un step énorme à l’heure actuelle. Ça reste une F1, le plus impressionnant, c’est quand on voit toutes les personnes qui travaillent autour d’une voiture. Pour aller vite dans une voiture, ça reste très difficile.

Sachant que la F1 est la catégorie reine, je m’attendais à quelque chose d’encore plus extrême sur toutes les parties, le freinage, la vitesse en courbe et la puissance. Au final, tout est un peu plus impressionnant : le freinage un peu mieux, la vitesse de passage un petit peu mieux, plus de puissance, mais au final, il n’y a pas énormément : il y a quatre secondes sur certains circuits, ce n’est pas si flagrant que ça.

Après, la GP2 et la FR3.5… On voit Carlos [Sainz] qui vient de la FR3.5 qui se débrouille très bien. Ensuite, il y a Nasr qui fait aussi des bonnes choses à certains moments et Palmer qui fait aussi des bonnes choses quand il peut rouler dans la voiture. Les deux sont bien.

Avez-vous une chance d’être chez Toro Rosso l’an prochain, ou vont-ils de toute façon laisser une deuxième saison aux deux débutants?

Il y a toujours des opportunités. Après, les opportunités, il faut les créer. Pour les créer, il faut faire de bons résultats et pour l’instant, je n’ai pas réussi à montrer de quoi on était capables avec DAMS. C’est trop tôt pour en parler. Moi, je me concentre surtout sur la GP2. C’est ça qui va déterminer ce que je ferai plus tard. Je regarde course par course, et on verra plus tard pour l’année prochaine.

Pour conclure, une question insolite. Les jeunes pilotes ont généralement un modèle tel que Lewis Hamilton ou Fernando Alonso, mais à vos débuts en monoplace, vous désigniez Nico Rosberg comme votre modèle, à une époque où il n’avait pas encore gagné de course en Formule 1. Pourquoi?

J’aimais bien sa manière d’être et son approche de la course. Je trouve que c’est un pilote qui a toujours eu un potentiel énorme quand il était à côté de Schumacher, qui était devant Schumacher, et qu’on ne repérait pas trop parce que justement, il était toujours à côté de grands pilotes. Je pense qu’il a toujours le potentiel pour pouvoir espérer gagner un titre.

Après, à l’heure actuelle, c’est vrai que Hamilton est très très bon. Je pense qu’à partir du moment où on est en F1, c’est qu’il y a un gros potentiel, entre Vettel, Hamilton, Rosberg, Ricciardo, il n’y a pas énormément de différence. C’était plus dans la manière dont il était dans les médias, j’aimais bien sa manière d’être relâché et assez drôle aussi avec les médias français.

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Séries FIA F2
Pilotes Pierre Gasly
Type d'article Interview
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