À terre, Pol Espargaró a été contraint de "dépasser la limite"

Pol Espargaró attribué sa chute dans les qualifications du GP de Catalogne à une prise de risque rendue nécessaire par le niveau actuel de sa Honda. L'Espagnol pense que la deuxième ligne était à sa portée.

C'est un Pol Espargaró dépité qui s'est présenté aux membres de la presse par visioconférence à l'issue des qualifications sur le circuit de Barcelone. Seul représentant du clan Honda à atteindre la Q2, le Catalan n'a pas véritablement pu montrer ce dont il était capable en raison d'une chute à la fin de la séance. Cette erreur est pour le principal intéressé la conséquence des risques trop importants qu'il est contraint de prendre pour essayer de tirer la performance d'une Honda dominée par plusieurs des marques concurrentes.

"Je suis tombé, donc je ne peux pas dire où j'aurais fini", a reconnu Espargaró, selon qui la Honda avait néanmoins le potentiel pour une deuxième ligne : "J'étais à un dixième du chrono de la pole [avant la chute]. J'étais à 0"007 de mon premier chrono en Q1, donc ça aurait été un 1'39"9, la deuxième ligne au maximum. L'une des trois premières lignes. J'étais à la limite partout. Je l'ai dépassée. Le problème est que quand on doit le faire une fois, ça va, mais quand on doit le faire deux ou trois fois, comme aujourd'hui... Trois fois, ça ne fonctionne pas. C'est trop. On a dépassé la limite."

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"Je suis entré en Q2, à 0"017 de Miller, ce qui n'était pas mauvais, et après je visais cette deuxième ligne", a ajouté le #44. "[Une chute] arrive quand on doit attaquer aussi souvent. Avec un 1'39"9, j'aurais été en deuxième ligne, mais le problème est qu'il faut le faire trois fois, pousser pour trois tours de qualifications. Ce n'est pas bon pour nous en ce moment. C'est là que les chutes arrivent. Dans ce genre de tour, ça peut arriver."

C'est clair, on n'est pas bons, on n'est pas rapides. Quand on n'est pas rapide, on ne peut rien faire seul.

Pol Espargaró

Au guidon de la seconde Honda officielle, Marc Márquez assume son besoin de prendre la roue d'un pilote en Q1 et il ainsi passé toute sa séance dans le sillage de Jack Miller à Barcelone, après avoir été l'ombre de Maverick Viñales au Mugello il y a une semaine. Pol Espargaró a conscience que de telles stratégies peuvent porter leur fruit mais il regrette que Honda en soit là, puisqu'il voit un signe du manque de performance actuel de la RC213V, incapable de briller sans aide.

"C'est clair, on n'est pas bons, on n'est pas rapides. Quand on n'est pas rapide, on ne peut rien faire seul. Il faut une roue pour faire mieux, mais on gagne un dixième ou un dixième et demi. J'étais à moins de 0"050 du leader [en Q2], Marc a fini 0"020 derrière moi, donc ça montre à quel point c'est serré. On doit suivre quelqu'un parce qu'on n'est pas rapides, parce que la moto n'est pas prête à faire des chronos seule. C'est la vérité. Les pilotes tentent tout pour essayer d'être rapide, parce que c'est ce que nous voulons."

"Je déteste ça, je n'aime pas suivre quelqu'un, parce que quand on est contraint de faire ça, on est obligé de faire comme quelqu'un, on ne peut pas être détendu, adopter son propre style de pilotage ou s'améliorer. On fait juste ce que celui de devant fait. Il n'y a pas de progrès à ce niveau, il y a juste le chrono, mais c'est trop superficiel. On doit améliorer la situation et suivre un pilote n'est pas la solution. Mais c'est ce qu'on doit faire en ce moment. On traverse cette situation, il faut suivre un pilote et c'est une possibilité. Que je déteste."

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L'un des problèmes de Pol Espargaró a été la gestion des pneus car s'il est parvenu à exploiter la gomme arrière, il a rencontré des difficultés avec l'avant en qualifications : "Quand on a un peu de grip à l'arrière, un tout petit peu, on peut piloter la moto comme il le faut. Quand tout le monde passe sur le pneu tendre à l'arrière, ils laissent de la gomme sur la piste, et notre pneu tendre fonctionne un peu mieux, ce qui permet de réduire l'écart avec les leaders. Le pneu avant s'est dégradé parce que la température de la piste a atteint 48°C. En EL4, on utilisait le dur à l'avant avec 42°C, donc 6°C de moins sur la piste. L'avant s'est abimé."

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