Viñales : "Je me suis fichu de savoir si j'allais tomber ou non"

Furieux, le pilote Yamaha veut changer la méthode de travail dans son stand après avoir connu un début de course "horrible" au Mans.

Le calvaire continue pour Maverick Viñales et sa contre-performance au GP de France est assurément plus préoccupante encore que celle du GP d'Espagne. Si la course de Jerez avait déjà été complexe l'année dernière, la piste andalouse mettant en exergue le manque d'adhérence arrière des M1 officielles, celle du Mans, en revanche, avait été l'une des plus belles pour les Yamaha. Après une âpre bataille contre Zarco et Rossi, l'Espagnol s'était imposé, empochant ce qui reste à ce jour sa dernière victoire.

Aussi, à l'heure de passer le cap des 12 mois de disette, les soutiens de Viñales espéraient secrètement le voir renaître sur le circuit Bugatti… Il n'en a rien été et lui-même en est arrivé à constater que cette course a été pire que celle de Jerez. C'est dire !

Qualifié huitième, Viñales a perdu plusieurs positions dès le départ de la course, sans parvenir à s'accrocher au bon wagon du groupe de tête, ni même à contenir l'échappée progressive du binôme Aleix Espargaró - Álex Rins. En bagarre contre Pol Espargaró et Cal Crutchlow durant la première dizaine de tours, il lui a fallu attendre la mi-course pour voir ses chronos s'améliorer, permettant à la Yamaha #25 de combler son retard et de remonter dans le classement, accrochant au final la septième place.

"J'ai progressé parce que je me suis fichu de tomber à chaque virage. Je ne veux pas finir la course septième, je veux finir au top. Je me suis fichu de savoir si j'allais tomber ou non, j'ai fait de mon mieux", assure Maverick Viñales, pas avare de mots pour décrire le supplice qu'a été cette course. "La première partie de la course a été horrible. Je ne comprends pas pourquoi, mais je n'arrivais pas à accélérer et beaucoup de pilotes m'ont passé, surtout en début d'accélération."

Quel est le problème ? "Le même que l'année dernière", martèle-t-il. "Je n'ai pas de grip sur le pneu arrière, il est impossible de faire quoi que ce soit. Par exemple, [samedi] matin en EL3, j'avais un bon grip et j'arrivais au moins à me maintenir dans la fenêtre basse des 1'32, à signer de bons temps sans trop stresser [le pneu]. Maintenant, la course a été totalement impossible. C'est comme si je commençais en pneus usés, c'est la sensation que j'ai, ce sont donc des sensations très étranges et c'est pour ça que je dis qu'il faut qu'on change quelque chose parce qu'on ne travaille pas de la meilleure façon."

C'est en effet la conclusion à laquelle en est arrivé le pilote espagnol dans la Sarthe. Sans s'appesantir sur les problèmes électroniques qu'il pointe du doigt depuis plusieurs mois, il estime qu'il y a d'abord urgence à mieux organiser le travail dans son stand. Un sentiment renforcé par la performance de Valentino Rossi, qui s'est classé troisième en le battant de 18"4. "Je crois qu'ils travaillent beaucoup mieux pendant le week-end", constate Viñales. "On peut donc progresser sur ce point, pour mieux travailler et préparer une meilleure moto pour la course."

"Ça ne fonctionne pas bien, il faut qu'on change quelque chose pour que ça marche", assure-t-il. "Les choses ne sont pas en place. Il faut avant tout qu'on mette tout en place et ensuite on commencera à penser à nouveau à comment améliorer la moto. Je me suis senti vraiment mal sur la moto et à chaque course c'est pire. J'espérais avoir une bonne course ici, mais pour moi ça a été encore pire qu'à Jerez."

"Aujourd'hui, il y avait une Yamaha sur le podium et on était à 23 secondes du vainqueur, il y a donc quelque chose que nous ne faisons pas bien", résume-t-il. Et s'il occupe toujours la deuxième place du championnat, il ne se "l'explique pas" au vu des difficultés qu'il a rencontrées sur les deux dernières courses.

Pas d'optimisme pour le Mugello

Alors que se profile un test privé à Barcelone, les enseignements tirés de ce Grand Prix seront au cœur du cahier des charges du Catalan, qui n'attend "rien de nouveau" à tester sur le front technique.

"On verra ce qu'on peut faire pour la prochaine course. On a maintenant un test à Montmeló, j'espère pouvoir m'y sentir un peu mieux et on va essayer de régler les problèmes", anticipe-t-il. "L'année dernière, le Mugello a été une très bonne piste pour nous, mais cette année je ne crois pas trop. On verra. Comme ici, je vais partir avec l'esprit ouvert, essayer d'oublier ça et de repartir, comme toujours."

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