Timo Scheider : "Vraiment heureux" en rallycross

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Timo Scheider :
Par : Emmanuel Rolland
10 mai 2017 à 06:30

Ecarté sans ménagement de l'équipe Audi en DTM à l'issue de la saison dernière, Timo Scheider s'épanouit désormais pleinement en Championnat du monde de Rallycross, comme il l'a expliqué à Motorsport.com.

Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, Audi Sport Team Phoenix
Martin Tomczyk, BMW Team Schnitzer et Timo Scheider, Audi Sport Team Phoenix
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST, Ken Block, Hoonigan Racing Division, Ford Focus RSRX
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Ken Block, Hoonigan Racing Division, Ford Focus RSRX et Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Podium : le vainqueur Mattias Ekström, EKS, Audi S1 EKS RX Quattro, le deuxième, Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST, le troisième, Andreas Bakkerud, Hoonigan Racing Division, Ford Focus RSRX
Le deuxième, Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Niclas Grönholm, GRX, Ford Fiesta, Kevin Eriksson, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST, Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST, Mattias Ekström, EKS, Audi S1 EKS RX Quattro
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria, Ford Fiesta ST, Mattias Ekström, EKS, Audi S1 EKS RX Quattro
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria Ford Fiesta ST
Timo Scheider, MJP Racing Team Austria Ford Fiesta ST

E.R., Hockenheim – En octobre dernier, lors de la finale du DTM à Hockenheim, Timo Scheider était en plein désarroi. Le pilote allemand, double champion du DTM (2008 et 2009) venait d'apprendre sa mise à l'écart de l'équipe Audi quelques jours plus tôt… par téléphone. Une séparation douloureuse, après onze ans de collaboration avec le constructeur d'Ingolstadt. Scheider avait alors annoncé la fin de sa longue carrière en DTM, en larmes, lors d'une conférence de presse remplie d'émotion.

Plus de six mois plus tard, c'est un Timo Scheider rayonnant que nous avons rencontré dans les allées du paddock du Championnat du monde de Rallycross. Une série dans laquelle il pilote une Ford Fiesta ST de l'équipe MJP Racing Team Austria, une structure privée avec laquelle il a fait des merveilles lors de l'ouverture, à Barcelone, où il décrochait une inattendue deuxième place derrière Mattias Ekström, son ancien acolyte du DTM. Ce fut plus compliqué pour Timo Scheider à Montalegre (Portugal), où il ne passait pas le stade des manches de qualifications.

Alors que la série se poursuivait sur le circuit de Hockenheim – où il échouait au stade des demi-finales (cinquième de la sienne) –, Scheider vivait un moment d'autant plus spécial qu'il côtoyait ce week-end ses anciens collègues du DTM. Sans aucune nostalgie.

"C'est un nouveau challenge, c'est différent à 100%", a-t-il expliqué à Motorsport.com. "Mais pour être honnête, lorsque j'ai vu la préparation des pilotes de DTM ici, et pour avoir un peu discuté avec eux, je suis plus qu'heureux de ne plus avoir les mêmes contraintes, au moins [rires]."

Si vous ressassez les choses passées et continuez à vivre avec des regrets, vous ne vous ouvrez pas à ce que de nouvelles choses positives vous arrivent.

Timo Scheider.

"De ce point de vue, je suis vraiment heureux d'avoir cette opportunité en World RX, c'est tellement appréciable de piloter ces voitures, bien plus excitant, même quand on roule seul. C'est exigeant, il y a beaucoup de données auxquelles vous devez prêter attention, la voiture est plus puissante, et c'est juste très fun de piloter ces voitures. Je suis vraiment heureux, même en voyant le DTM ici à côté de nous. Ma nouvelle maison est ici, et je suis toujours lié au 'système' avec mon contrat de pilote officiel BMW [en GT, ndlr], et j'aurai quelques obligations pour eux également. Je me sens vraiment heureux aujourd'hui."

Après l'épisode douloureux avec Audi, vous semblez vraiment épanoui.

Il y a plein de choses qui se passent aujourd'hui. Il y a cet engagement avec BMW, la création de ma piste de rallycross à Majorque, pour laquelle nous entrons dans la phase de construction. J'ai davantage de travail que les années précédentes, mais le facteur plaisir est bien plus important, c'est la chose la plus importante.

Éprouvez-vous encore des regrets sur la façon dont s'est déroulée votre séparation avec Audi en octobre dernier ?

Évidemment, d'un point de vue humain, il était décevant de voir comment ils ont géré cela. Après 16 ans en DTM, 11 ans pour l'équipe d'usine, avoir remporté des titres et connu des hauts et des bas, c'était une grosse surprise pour moi de voir comment ils l'ont fait. La question même de savoir pourquoi ils l'ont fait est quelque chose d'encore ouvert. Jusqu'ici, personne ne m'a vraiment clairement expliqué les raisons de cette décision. C'est un peu regrettable mais, d'un autre côté, j'ai quitté tout ça et si vous ressassez les choses passées et continuez à vivre avec des regrets, vous ne vous ouvrez pas à ce que de nouvelles choses positives vous arrivent."

Bien sûr, c'était assez difficile pour moi durant deux ou trois mois, à me demander pourquoi tout ceci arrivait. Mais maintenant, ma nouvelle vie s'articule très bien, et j'essaie de la vivre au mieux.

Vous avez finalement assez vite rebondi en rallycross…

C'était également un accord de dernière minute. Ces dernières années, j'évoluais dans un cadre d'équipe d'usine où je n'avais à me soucier que de mon travail. J'aimerais faire une saison complète en rallycross, mais je suis un pilote professionnel et je ne veux pas payer pour rouler. Certaines équipes étaient intéressées mais demandaient du budget. L'équipe MJP Racing Team Austria m'a fait une belle offre et j'ai signé en trois jours.

Vous attendiez-vous à une première manche aussi performante pour vous à Barcelone ?

Nous ne nous attendions pas à grand-chose avant d'arriver sur la première course à Barcelone. Nous avions eu une demi-journée de test auparavant, nous sommes allés à Barcelone sans rien savoir, et nous avons décroché ce résultat fabuleux. Même si nous avions été derniers à Barcelone, nous aurions pris ce résultat car nous n'étions pas préparés. Sur la ligne de départ, avant ma première manche, mon ingénieur me donnait encore des instructions sur l'utilisation des commandes de la voiture. Nous avons tout appréhendé au feeling, et c'était incroyable.

Je n'ai jamais consulté une seule fois les datas, pas une seule fois les vidéos durant ce week-end. Tout s'est déroulé sans que nous y pensions vraiment, et c'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles les choses se sont passées comme ça [rires]. Mais c'est ça le rallycross, même en tant qu'équipe privée, vous pouvez rivaliser avec les équipes d'usine, ce qui est impossible à imaginer en DTM.

Depuis, nos attentes sont plus élevées, mais j'essaie de ne pas m'emballer de trop. Je suis nouveau dans ce championnat, je dois apprendre tous les circuits, je dois avoir le feeling avec la voiture, et nous n'avons pas eu beaucoup de tests de préparation.

Ce fut plus compliqué en revanche à Montalegre. Comment expliquer cette chute de performance ?

J'ai reçu une toute nouvelle voiture à Montalegre, sans avoir pu effectuer de roulage. Nous avons eu des problèmes techniques durant les essais libres, et j'ai dû m'adapter à cette piste qui est un vrai challenge, comme on me l'avait dit. Puis nous avons malheureusement rencontré des problèmes moteur en Q3 et Q4. Cela n'a juste pas fonctionné comme nous voulions, c'est comme ça.

Mais nous prenons les week-ends les uns après les autres, nous voyons chaque course comme un nouveau challenge, nous ne nous mettons pas la pression. Bien sûr, nous avons des espoirs, des rêves, mais si cela ne fonctionne pas, c'est comme ça. Nous essayons d'analyser et faire en sorte que cela se passe mieux la fois suivante. Il suffit de voir les moyens investis par les équipes d'usine, c'est difficile pour nous de les battre, on le sait. Mais lorsque les feux passent au vert, tout est possible.

De vous retrouver à la bagarre avec Mattias Ekström, votre ancien collègue en DTM chez Audi, doit être un sentiment particulier pour vous.

Oui, bien sûr ! C'était amusant de me retrouver, lors de ma première finale en World RX, dans le pare-choc de Mattias, je riais tout seul dans la voiture pendant les six tours de la course… Nous avons été équipiers et concurrents durant les 16 dernières années, et là nous changeons de catégorie et nous bataillons encore, c'est une situation spéciale mais c'est amusant. Mais peu importe que ce soit Mattias ou quelqu'un d'autre, je donnerai toujours mon maximum. Je dois apprendre vite, jouer des coudes, et quel que soit le pilote à côté de moi en piste, je suis bien décidé à lui mener la vie dure.

Avez-vous la volonté d'être en rallycross sur du long terme ?

Oui, honnêtement je pense qu'il s'agit d'un championnat à fort potentiel. On voit comment le championnat se développe petit à petit, comment le public réagit aux courses dans les tribunes, je pense que c'est le futur en termes de spectacle en sport automobile. Je suis plus qu'heureux de faire partie de cela car je pense que, à court terme, la série va encore grandir, d'autres constructeurs vont venir. Ce qui est bien ou pas, je ne sais pas, on verra, le risque étant alors d'avoir un championnat contrôlé par les constructeurs et la politique comme en DTM.

Mais je pense que d'un point de vue général, pour le rallycross en général, le chemin suivi est positif, et je voudrais en faire partie pour les prochaines années.

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À propos de cet article

Séries World Rallycross
Événement Hockenheim
Lieu Hockenheimring
Pilotes Timo Scheider
Auteur Emmanuel Rolland
Type d'article Interview